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Message # 2 du blogue invité: La maladie de Lyme au Québec.

Écrit par Vanessa Grenier

Un matin de novembre 2010, je me suis réveillée avec une grosse rougeur dans le bas de mon dos, dix minutes après mon réveil, j’étais rouge de la tête aux pieds. Rapidement je me suis déplacé à aux urgences de l’hôpital, l’infirmière n’a pas pris de chance et m’a directement administré un antihistaminique par intraveineuse.  Les rougeurs sont disparues et le médecin m’a dit que j’étais allergique aux Ibuprofènes.

Entre 2010 et 2017, j’ai pris une quantité énorme d’ibuprofène sous toute ses formes puisque depuis 2010 je suis atteint de douleur paralysante. Je ne suis donc pas allergique aux Ibuprofènes. Mais ce n’est qu’en 2016 que j’ai compris cela.

D’où viennent mes douleurs qui sont devenus chroniques? 

Quelques semaines après mon épisode aux urgences, il m’est arrivé quelque chose d’inattendue. C’était la nuit et je dormais avec mon garçon de 3 ans, mon bébé de 7 mois était dans sa bassinet et mon conjoint n’était pas à la maison. Je me suis réveillée et j’ai essayé d’attraper mon cellulaire pour regarder l’heure, j’étais incapable de le prendre dans ma main gauche car celle-ci était engourdie. J’ai commencé à la bouger de haut en bas en croyant que j’avais dû dormir dessus et que les engourdissements allaient disparaitre. C’est plutôt le contraire qui s’est produit, les engourdissements ont commencé à monter dans mon bras, descendre dans mon torse et ensuite jusqu’au pied gauche, monter à la gorge. Me voilà complètement paralysé du côté gauche de mon corps, seule avec deux enfants.

Paniqué j’ai appelé le 9-11, j’avais peine à leur donner mon adresse car les engourdissements étaient très présents au niveau de la gorge. J’y suis finalement arrivée, mais habitant à la campagne, l’ambulance à mit une heure avant d’arriver. Quand ils étaient enfin là, mon engourdissement avait disparu mais je restais confuse, je n’étais pas en mesure de répondre adéquatement aux questions des ambulanciers. Après un tour en ambulance et une nuit d’enfer à attendre aux urgences avec la pire migraine que j’ai connu jusqu’à maintenant, le médecin de garde m’a diagnostiqué une dépression, m’a prescrit des antiémétiques. M’a dit que ce ne serait pas nécessaire de passer une scanner, d’aller chez moi me calmer. J’ai tout de même insisté pour avoir un scanner et voir un neurologue car je savais que ce n’étais pas dans ma tête et j’avais maintenant peur que les engourdissements se reproduisent dans ma voiture et avec mes enfants. Finalement le scanner n’a rien révélé d’anormal, mais le neurologue m’a diagnostiqué des migraines avec aura…

Et c’est ainsi que mon cauchemar a commencé. S’en est suivi de plusieurs sinusites, fièvre, douleur atroces, paralysie faciale, arthrite, tumeurs, acouphène, vertige, grippes et j’en passe beaucoup.

Mes visites chez le médecin et aux urgences se sont succédées et j’accumulais les diagnostiques de dépression, d’anxiété, de fibromyalgie et plusieurs autres. Tous des maladies invisibles et incurables car les tests étaient toujours négatif.  Malgré quelques périodes de répits durant ces 6 ans, j’étais tout de même malade la plupart du temps.

Ne pouvant plus tolérer l’errance médicale à laquelle je faisais face, j’ai fait mes propres recherches sur internet. Plusieurs maladies comme la sclérose en plaque et le lupus ressemblaient beaucoup à mes symptômes, mais je voyais souvent passer aussi la Maladie de Lyme dans mes recherches. J’ai vu qu’au Québec nous ne pouvions pas être diagnostiqué car les traitements sont inadéquats et les tests sanguins aussi. J’ai donc décidé d’aller aux États-Unis pour rencontrer un médecin spécialiste qui a pu me faire un diagnostic clinique ainsi que des tests sanguins pour confirmer sa théorie.

C’est le 20 juillet 2016, que j’ai enfin mit un nom sur ce mal qui m’affligeait depuis des années. À ce moment, je ne fais pas le lien entre la première fois que je me suis rendues aux urgences pour une réaction allergique et la piqûre de la tique. C’est il y a un mois, doutant toujours de moi que j’ai enfin réalisé qu’il ne s’agissait pas du tout d’une allergie mais bien de l’érythème laissé par la tique.

Le Médecin des États-Unis m’a prescrit une tonne de médicaments que je devrai prendre pendant 2 ans. Cinq antibiotiques pour être précise, ainsi qu’une dizaine de produits naturels, un régime strict paléo, sans alcool, sans sucre, sans gluten, sans levure, sans plaisir ☺ Mais si c’était pour me guérir, j’allais tout faire pour y arriver. Dans le prochain article je vous raconterai comment moi et plusieurs autres malades du Québec ont vécu la prise d’antibiotiques, les conséquences, les défaites et les réussites.

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